Cache-cache party !

Une idée saugrenue m’est venue ce matin lorsque, faisant machinalement fondre une vieille sucrette dans mon mug de café noir, le regard vitreux et l’empreinte de l’oreiller encore visible sur ma joue droite, j’ai entendu ce journaliste à peine plus vaillant que moi à cette heure matinale décrire la fébrilité ambiante à l’idée d’une nouvelle manifestation des Gilets Jaunes dans Paris ce samedi 8 décembre.

Même s’il faut hélas reconnaître que, quelque part, les débordements du weekend dernier ont certainement pesés dans la balance pour obtenir la trop maigre inflexion du gouvernement de cette semaine, l’idée pour les soutiens du mouvement d’être de nouveau mélangé à l’image avec une bande de gros cons suffisamment incultes pour aller bousiller gratuitement les symboles même de la liberté et de la république que l’on est censé défendre, suffisamment méchants et lâches pour s’en prendre à quinze à un pauvre flic désarmé et à terre, suffisamment stupides pour aller piller un coiffeur ou un opticien qui n’a rien à voir (voir+opticien=humour du matin) avec tout ça ou qui, si ça se trouve, est lui même en train de défiler, cela fait froid dans le do.

Je ne suis pas sûr que la mère de famille qui tient à la seule chaleur de ses convictions depuis le 17 novembre au rond point du bout de la rue, avec pour seule motivation l’espoir de d’ offrir une vie à peu près descente à ses enfants, tienne vraiment à partager toute une journée de plus avec une bande de décérébrés incontrôlables.

Je ne suis pas certain non plus que tous ces français, sans doute un peu timides, qui n’ont, jusqu’à présent, osé sortir leur gilet jaune que pour le déposer sous leur pare brise, mais qui soutiennent toujours massivement l’action (72%), malgré les images diffusées en boucles des casseurs, tiennent encore très longtemps si les pavés finissent par se changer en armes de poing.

Mon idée saugrenue, donc.

Partant des principes suivant: que l’objet d’une manifestation est surtout qu’on en parle; que l’objectif premier est d’embêter principalement le gouvernement et son inaccessible monarque; que la très large majorité des points de blocage constatés est organisée, depuis le départ, dans une ambiance « bon enfant » et pacifiste; et qu’enfin, ce qui fait, à mon sens, le succès de ce mouvement c’est que tout cela est souvent fait avec beaucoup d’intelligence, non sans un soupçon d’originalité et de dérision (j’ai régulièrement beaucoup ri en lisant certaines pancartes ou en découvrant des méthodes de filtrages dignes de caméras cachées).

Je propose que finalement, samedi, personne n’aille à Paris! On boude!

Quoiqu’il en soit et quelques soient les mots d’ordre qui peuvent circuler sur les réseaux sociaux, l’Etat devra déployer ses forces de sécurité dans les rues de la capitale, pour le cas où. Du coup:

Imaginez le Cœur de Paris désert avec seulement, autour de l’Arc de Triomphe, nos cinq ou six mille CRS, armés jusqu’aux dents, qui se regardent, interloqués, toute la journée, en se demandant ce qu’il se passe.  Imaginez la tête de Castaner, l’air impuissant, sans un os à ronger, en direct de la préfecture, entre ses écrans de contrôle et les cameramans morts de rire. Imaginez la gueule que cela aurait dans les télés du monde entier: du jaune partout, dans toute la France, gentiment, sereinement, surement, mais pas là où on les attend. Imaginez la meute des journaleux de BFM TV déployés dans tout Paris avec que dalle à filmer que des touristes interloqués qui se demandent si tout ça c’est pour eux.

Au pire, cela offrira à nos frères policiers, pour les remercier de leur dévouement depuis les attentats, une journée payée à rien foutre, tranquilles, au frais de l’Etat. Au pire, s’il n’y a que des casseurs qui se rendent sur les champs, ça leur permettra peut être de mettre facilement la main dessus. Bon débarra. Au pire, cela économisera le trajet de tous ces gens qui montent à leur frais pour que, finalement, on ne parle même pas d’eux.

Chacun à son poste au rond point dans sa province, dans sa ville, son quartier, en rangs serrés. Voilà. C’est mon idée. Maintenant je file bosser.

 

On connait la Chanson!

Depuis quelques jours, une nouvelle petite musique se fait entendre sur le rythme des Gilets Jaunes. Encore au stade de la maquette, elle mérite peut être, par son côté novateur, au milieu d’une Play Liste finalement assez uniforme, que l’on s’y attarde un peu, histoire de voir si cela peut donner un Hit.

Je ne parle pas ici du lancinant refrain de la vedette Élyséenne qui passe depuis quinze jours en boucle sur les ondes, propulsé par toutes les télés et toutes les radios qui n’ont, visiblement, pour l’instant, pas grand chose d’autre à se mettre sous la dent. « j’écoute et J’entends la colère ». Un titre bien convenu et bien commercial qui sonne sans doute suffisamment bien pour des oreilles peu expertes ou encore peu concernées mais qui n’a aucune chance de faire vibrer les Fans du mouvement Jaune. Loin d’arriver à la cheville du cultissime « Je vous ai compris! » qui avait marqué le début des sixties en contentant les foules avec des mots simples, parfaitement ajustés, qui insinuaient non seulement une prise en compte, mais aussi et surtout une résolution rapide des problèmes de l’époque, le jeune Macron essaye timidement de percer, largement soutenu par une vaste campagne de promotion, en fredonnant ces paroles équivoquent d’une voie mal avisée. En attendant la sortie d’un album que l’on espère plus complet, plus travaillé, les auditeurs doivent se contenter de ce peu qui, pour les plus indulgents facilement influençables, parait tout de même malheureusement crédible.

Il faut dire que lorsqu’on voit naître un nouveau courant musical populaire non maîtrisé par les corps institutionnels, même les plus grands initiés ont du mal à entrevoir jusqu’où cela pourra aller. Est-ce juste une petite mode passagère ou est-ce que cela perdurera pour marquer la décennie, voire les prochaines?

On ne sort pas un « Mai 68 » comme ça tous les jours. Voilà un style qui a marqué de son emprunte et a même, depuis sa sortie, inspiré bon nombre de reprises, pas toujours inspirées, certes, mais qui ont toujours plus ou moins captivé l’attention du publique, y compris à l’étranger. Parce qu’ils aimaient ce son, qu’ils pensaient qu’il n’avait pas été exploité à fond, ou simplement par nostalgie.

Le mouvement « Gilets Jaunes », on le sent bien aujourd’hui inspire, stimule et embrase dans une période où l’on craignait, avouons le, un endormissement des sens au profit de rengaines abrutissantes dont le seul but est de faire de l’argent facile avec très peu d’investissement. Non pas que, de temps en temps, on soit contre quelques mesures simples et purement commerciales, histoire de danser ensemble sans se prendre trop la tête. Mais lorsqu’on se réveille le lendemain, cela fait tout de même du bien d’écouter, avec attention, un air un peu plus profond, plein de sens et de conviction. Aussi, malgré un aspect a priori un peu brouillon, fait par une troupe à la base un peu désorganisée avec des paroles parfois timides, parfois partant un peu dans tous les sens, ce courant a su embarquer une majorité de Français qui finalement comprennent et adhèrent à un message simple et clair.

Mais revenons donc à cette nouvelle mélodie qui pointe en se moment et qui attire un peu nos oreilles aiguisées tant elle devient répétitive. Elle est portée tantôt par certains journalistes et tantôt par quelques stars du show-biz qui, voyant justement que ce mouvement, loin de s’essouffler, conserve l’attention bienveillante des masses, s’invitent dans la danse. C’est une sorte de valse à deux temps qui, pour l’instant, tient en un seul couplet de deux phrases. La première c’est: « on comprends qu’il y a un vrai problème ». La seconde: « on ne sait pas quoi faire ».

Evidemment, cet extrait nous laisse pour l’instant un peu sur notre fin. Mais dans le néant musical que nous connaissons depuis quelque temps, surtout de la part de nos élites pourtant censées être les plus créatives, notre nature enthousiaste nous pousse à croire que c’est un bon début. J’attends donc avec impatience le morceau complet et ne manquerai pas de vous le décrypter, espérant que l’on tienne enfin le Tube de l’année!