Le champion de la terre?

Il méritait certainement une sorte de prix, sans doute pas une médaille, et finalement pas pour ce qu’ils croyaient. Emmanuel Macron a effectivement réalisé un exploit dans le domaine de l’écologie: être le premier, le seul, à avoir débauché Nicolas Hulot pour en faire un ministre et finalement, quelques mois plus tard, presque réussir à discréditer la nécessité de l’effort écologique aux yeux du peuple.

Champion de la com!

La publicité, c’est ce qui permet de vous proposer un produit « pas terrible » en vous faisant croire que c’est la huitième merveille du monde. Elle insinue que le Nutella, bien gras et à l’huile de palme, est bon pour la santé de nos enfants et améliore la vie dans les pays producteurs, tout en prenant soin de la planète. Elle réussi à vous présenter Mac Donald, icône de la mal-bouffe et de la nourriture industrielle, comme l’entreprise qui va sauver notre agriculture paysanne tout en veillant sur notre poids. Elle vous vante l’implication de Lidl ou Carrefour dans la sauvegarde du commerce, de l’élevage et du maraîchage de proximité, juste avant de conclure en vous proposant des carottes à 0,80€ le kilo ce qui, effectivement, va bien rémunérer tous ces gens là.

Le marketing, c’est cette science moderne qui va mettre en œuvre tous les plans, tous les stratagèmes permettant de vous faire avaler facilement toutes ces couleuvres en pensant qu’il ne s’agit pas de publicité mais d’une vraie information. Le piège est tendu. Il n’y a plus qu’à tomber dedans.

Nous avions la faiblesse de croire que ces techniques n’étaient que l’apanage quasi nécessaire du commerce, nous laissant presque faire par ce bourrages de crâne continu, souvent par habitude, parfois de bon cœur, estimant sans doute que c’est, en quelque sorte, de bonne guerre, que cela fait parti de la vente. Mais aujourd’hui, le marketing, la « com », est sorti de son cercle premier pour toucher tous les domaines des relations humaines: la politique, l’entreprise, l’emploi, le sport, l’information, les médias. Tous ces domaines ne sont plus affaire de compétence mais de communication.

Aujourd’hui, par exemple, à Pôle Emplois, lorsqu’on vous briefe pour un futur entretien d’embauche, on ne vous apprend pas à mettre en avant vos compétences, on vous explique « comment vous vendre ». Pourtant, il me semble que lorsqu’un employeur publie une annonce, ce n’est pas pour acheter un bibelot, mais bien pour investir dans une capacité afin de remplir une mission.

Dans un tout autre domaine, lorsqu’on prépare un journal télévisé, à fortiori sur les chaines privées (reconnaissons que, depuis quelques mois, le service publique a fait quelques efforts notables), dans la salle de rédaction, ne croyez pas que l’ordre du jour consiste à faire rentrer la masse d’information ou de dépêches du jour disponibles dans la trentaine de minutes impartie entre deux pages de Pub. Si c’était le cas, nous saurions tout sur tout et ne serions pas surpris lorsqu’on découvre (enfin) qu’une guerre ravage le Yémen depuis des années, ou que telle ou telle population crève de faim depuis des mois. Nous aurions des nouvelles de l’Ukraine, plus souvent qu’une fois tous les six mois, nous laissant supposer qu’entre deux cette zone du monde se porte à merveille (pas de nouvelle bonne nouvelle). Nous verrions, au quotidien et à l’échelle de la planète, les conséquences et l’évolution du réchauffement climatique, pas simplement lorsqu’un lanceur d’alerte charismatique débarque, une fois de temps en temps, à l’occasion de la sortie d’un livre, pour nous secouer les puces. Nous mesurerions objectivement les dégâts de la pollution, pas seulement lorsqu’une ou deux galettes de pétrole viennent s’échouer sur nos cotes, comme si cela n’arrivait que chez nous ou que ce n’était dramatique et digne d’être souligné parce que c’est chez nous. Et encore, il peut même, parfois, y avoir une hiérarchie dans l’importance de la misère à l’intérieur de notre pays suivant où et quand cela arrive. Même pour la page des sports, on arriverait à savoir qui et quand joue, même lorsque c’est diffusé sur une chaîne concurrente.

Non, la question qui sous tend en conférence de rédaction c’est: qu’est ce qui va tenir le chaland pendant une demi heure sans qu’il ne change de chaîne, de manière à pouvoir vendre un peu plus cher la pub d’après. Le résultat c’est 15 à 20% d’info grand max, sauf événement exceptionnel, le reste étant constitué de reportages dits « de société » ou de « découverte », certes bien ficelés et loin d’être inintéressants mais qui auraient d’avantage leur place dans un magazine. Ou alors c’est un défilé d’invités vedettes dont la présence n’a souvent d’autre objectif, une foi de plus, que de vendre un autre programme de la chaîne ou un produit qu’elle a sponsorisé. Où quand le présentateur du JT devient un homme sandwich.

Il suffit d’ailleurs, pour ce rendre compte de cette sélection arbitraire d’informations sélectionnées, triées, castées, de zapper d’une chaîne à l’autre, et même d’un média à l’autre pour constater que ce sont les 5 ou dix mêmes informations, au nombre et parfois au mot prêt qui sont traitées en 5 minutes à la radio, en dix minutes sur M6, en une demi-heure sur TF1 et en une journée complète sur BFM. On pourrait imaginer qu’en toute logique, ceux qui accordent un plus long temps d’audience à la tranche d’info seraient en mesure de nous en donner plus. Et en fait non. En dehors de ce que certains (qui et au nom de qui?) ont décidé comme étant « l’info principale », le reste du temps imparti n’est que redite, blabla, polémique, délayage ou autopromotion. Quand on pense, à titre d’illustration, que le 24 Novembre, lors de la manifestation des Gilets Jaunes à Paris,  8 000 personnes en tout, BFM, qui avait pourtant dépêché une bonne vingtaine de journalistes dans les rues de Paris, n’a même pas eu deux minutes de temps a consacrer dans toute une journée à l’autre manifestation, celle des Violences Sexistes, qui a pourtant, elle, réuni (selon les chiffres officiels) 12 000 personnes, il y a de quoi se poser des questions.

Champions de la Vente.

En politique, c’est devenu la même chose. Les conseillés en communication, dont on fait même aujourd’hui des séries télé, ont prit très largement le pas sur les concepteurs et rédacteurs de programmes. Je n’y était pas, mais je pense que De Gaulle a, en son temps, été plus ou moins choisi pour ses compétences. Il avait sauvé la France et personne ne contestait qu’il soit un grand meneur. Giscard avait des idées pour moderniser la France et préparer l’Europe. Mitterrand avait rassemblé la Gauche et annoncé un programme social ambitieux. Je ne dis pas que ces gens ont fait ce qu’ils ont dit, mais ils avaient au moins dit ce qu’ils pensaient faire. Puis, très vite, d’années en années, de septennats en quinquennats, à mesure de la progression des moyens de communication et d’image, les élections se sont d’avantage organisées à coup de packaging et de slogans.

En 2017, Emmanuel Macron, a lui même, peut être « à l’insu de son plein gré » (je lui laisse le bénéfice du doute), été casté, comme on choisi son poulain, par les grands de ce monde. Sa « légende » personnelle et son orgueil en prendront peut être un coup, mais admettez que la soudaine et précaire love story entre les journalistes et lui, appuyée par quelques sondages favorables, ne sont pas des arguments suffisants, pour un homme seul, si jeune et déjà ministre, susceptibles de le décider à tout plaquer, façon coup de poker, et à s’aventurer sans filet dans une campagne présidentielle. Aucun parti politique en soutient et pas de programme. Rien a proposer donc, a priori, que sa belle gueule photogénique de jeune énarque et son discours de banquier qui, poil a gratté dans un gouvernement censé être socialiste, faisait suffisamment tâche pour attirer l’attention. C’est un profil, finalement qui se décrit et s’élabore comme un scénario de film commercial. On sait pertinemment (ils ne s’en cachent même plus) qu’à chaque élection les riches industriels, les rois du CAC40, s’inquiètent des programmes des prétendants au trône, surtout de gauche. Non pas parce qu’ils ont peur qu’on leur prenne leur argent (touche pas au grisbi!!), mais simplement pour anticiper et savoir s’ils doivent le planquer ou non. D’habitude, ils subissent un peu et attendent le choix du peuple avant de consulter leur conseil financier. Mais pour une fois, ils pouvaient peut être devancer l’appel et faire leur propre sélection. Soyons clair: la démission de Macron du gouvernement puis le Top Départ du mouvement En Marche, financé en un éclair, dans sa structure, par je ne sais quel miracle a parfaitement coïncidé avec le soutient presque hystérique des plus grandes fortunes de notre pays. Puis, on en a même vu des images, ce mouvement s’est constitué en deux coups de cuillère à pot, comme on fait une Start Up, où quatre ou cinq jeunes tout frais sortis d’une école de commerce nous montent trois idées en épingle selon les grands principes de la mercatique en espérant faire le casse du siècle. On peut sans doute être admiratif de tout cela, mais on ne doit pas être dupe.

Et d’ailleurs, par la suite, de son propre aveux, c’est à un véritable braquage politique que s’est livré Emmanuel Macron. Pas simplement parce qu’une bonne partie de ses concurrents se sont auto éliminés au fur et à mesure de la campagne et qu’il a finalement été élu plus par défaut que par conviction, mais parce que durant toute cette année, il organisé sa « marche » entre sponsors et forces de vente en s’attachant d’avantage à la qualité de l’emballage qu’au contenu du paquet. Son programme, si peut important qu’il n’y a qu’à demander dans la rue qui s’en souvient, ne fut constitué que d’un habile Best off plus ou moins édulcoré de ses concurrents, simplement pimenté d’une théorie du ruissellement à demi avouée. Preuve en est qu’en visionnant les débats de premier tour, on s’aperçoit qu’il arrivait à être tour à tour d’accord avec l’ensemble de ses concurrents, tantôt avec celui de droite, tantôt avec celui de gauche, ce qui ne manquait pas de déclencher quelques ricanements presque gênés de l’auditoire. Concernant l’exposé de ses compétences personnelles, normalement primordiale dans le choix de la plus grande autorité du pays, la priorité a justement été d’étouffer son CV: oublié son passé de Banquier chez Rothschild; oublié ses débuts chez Hollande comme secrétaire ou conseillé du président; oublié son statut de ministre de l’économie. Comme dans les publicités les plus efficaces évoquées précédemment  il a réussi à se vendre comme l’exact opposé de ce qu’il a été:  étranger à la politique de son prédécesseur alors qu’il en a été un des principaux acteurs et étranger au milieu de la finance où il a pourtant fait ses armes. Beau Boulot! Se présenter comme dé gagiste (ça aussi il l’a emprunté!) de la « vieille » politique alors qu’on en a soit même écrit quelques belles lignes et qu’on a eu l’exacte même formation que ses prédécesseurs, dans la même école, avec les mêmes cours, les même diplômes, il fallait le faire. Mais on le sait, en matière d’arnaque: plus c’est gros et plus ça passe!

Le principe même de la composition de son premier gouvernement est du pur marketing où l’on ne théorise plus la qualité de l’équipe que d’après de simples quotas, façon étude de marché. Tant d’homme et tant de femme. Tant de droite et tant de gauche. Tant de politiques et tant de la société civile. Que, dans un sondage, on cherche une représentation de tout le monde, ok. Mais pour ce qui est d’un gouvernement, je pense que l’essentiel est avant tout affaire de compétence aussi bien dans le sujet, que dans la méthode pour le traiter.

Nicolas Hulot fut donc un de ces meilleurs éléments de pur casting. Ultra Bankable. Tout comme de mettre Laura Flessel, ex-championne d’escrime, aux sports sans s’attarder à savoir si elle serait aussi douée à manier désormais des dossiers budgétaires qu’en son temps un fleuret, prendre Hulot à l’écologie fut sans conteste une des plus belles prises de guerre de ce début de mandat. Une des personnalité préférée des Français et surtout l’incarnation de l’écologie dans le pays. On ne pouvait pas rêver mieux comme caution, surtout pour ce nouveau président qui fut, sans conteste, de toute la campagne, un des candidats qui aura le moins traité les problèmes du climat.

Mais nous croyons aux bonnes intentions et à la sincérité de la proposition, même si, lorsqu’on réfléchi un tout petit peu, on se demande comment un président ultra libéral, partisan d’un libre échangisme des plus total et qui ne pense ouvertement la France qu’avec une calculatrice en mode profit, pourra longtemps s’entendre avec un homme dont les prérogatives les plus affirmées sont de faire prendre un virage à 180° aux forces de l’argent, modifiant nos habitudes de consommation, de production, de transport et d’énergie.

En tout cas, sans avoir fait de grandes écoles, on avait vu venir tout cela. Et ce n’est pas, j’imagine, le deal de départ sur l’abandon du Projet de Notre Dame des Landes (qui devait, en fin de compte, bien arranger le patron en terme de dépense inutile) qui aurait pu être suffisant pour faire tenir un homme de conviction comme Hulot dans une équipe majoritairement dirigée par Bercy. Ce dernier a donc très vite capitulé, ne surprenant finalement que l’intéressé qui n’avait apparemment pas été mis dans la confidence. Même les journalistes qui l’ont interviewé ce jour là, n’ont sans doute été surpris que par la forme et la soudaineté de son annonce, car cela faisait déjà bien des mois qu’avec cynisme ils comptaient ouvertement les couleuvres que chaque jour il devait avaler.

Notre champion de la terre est, en fait, l’antithèse de l’écologie. Il est dans une vision globale de pragmatisme économique totalement incompatible avec cette démarche. Ce fait là, en lui-même, n’est pas condamnable. C’est un choix Politique, stratégique. Ce qui est critiquable, c’est, non seulement de ne pas le reconnaître mais aussi d’utiliser l’argument écologique comme prétexte fallacieux dans son petit business ou de se planquer derrière pour justifier des réformes qui n’ont ouvertement rien à voir. Son utilisation presque scandaleuse comme couverture médiatique pour faire passer son ultime et prohibitive Taxe en est bel et bien la preuve.

Disons le tout net, la transition écologique ne se fera pas en modifiant uniquement le comportement du petit peuple et, surtout pas en le dégouttant par une démarche uniquement punitive. Le particulier était d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, la seule tranche de la population convaincue par cette nécessité, acceptant sans broncher chaque petit pas, chaque petit effort du quotidien au nom de la cause. On a, de bon cœur, commencé par fermer les robinets en se brossant les dents. On a prit des douches plutôt que des bains. On a isolé nos maisons à mesure de nos moyens. On a abandonné les sacs plastiques aux caisses des supermarchés, puis les pailles, puis les cotons tiges, puis les couverts à pique-nique. On a changé nos ampoules électriques, d’abord pour des bazars bizarres et moches qui n’éclairaient pas, puis pour des allogènes censés durer une vie et qui cassaient plus vite que les autres, puis pour des Leds. On a oublié les produits Phytosanitaires dans nos jardins. On a roulé, aux ordres, en alternance dans les villes, moins vite dans les campagnes et acheté toutes les nouvelles vignettes. Et bien sur, jusqu’à aujourd’hui, on a payé toutes les taxes qui se sont accumulées, cachées dans tout ce qui bouge et portant ou non l’estampille écolo. On peut donc convenir que, jusqu’ici, s’il y en a qui ont tout bon, qui ont fait des efforts, des concessions, c’est bien nous, le peuple.

Le champion de la terre fait semblant de croire que les gens grognent parce que l’écologie ne serait pas leur priorité alors que déjà, chaque jours, ce sont eux, qui payent et modifient leur comportement. Il les pointes du doigt comme des mauvais élèves devant le reste de la classe. C’est non seulement un mensonge, mais c’est totalement contre productif. Parce qu’au nom d’un prétexte fallacieux justifiant une nouvelle saignée, au nom d’une cause dans laquelle il ne s’est lui même pas encore engagé, il risque simplement de la faire reculer dans l’opinion publique.

Le gros problème de nos gouvernants, c’est que les gens mécontents qui sont aujourd’hui dehors ne sont pas les décérébrés égoïstes qu’ils décrivent en espérant les décrédibiliser, ces « fumeurs de clops contents de rouler au volant d’un diesel », comme si c’était leur choix. Ce sont, au contraire, des gens réfléchis, instruits, qui travaillent ou ont travaillé, qui naviguent sur internet et s’informent et qui comprennent parfaitement que cette transition écologique ne pourra se faire que si l’on s’attaque à toutes ses causes. Ils ne cherchent même pas à minimiser leur propre rôle dans l’affaire, ou dire qu’ils n’y sont pour rien. Ils disent seulement trois choses fort simples:

La première, la plus simple, c’est que cela fait aujourd’hui mathématiquement beaucoup trop de fiscalité pour leurs seules épaules, vu la faiblesse avérée de leurs revenus. Arrive un moment où il y a forcément un maximum admissible à payer qu’il est légitime de prendre en compte, sachant que la seule chose qui, pour la plupart des gens, ces dernières années, n’a pas augmenté, ce sont les salaires. Ou si peu. Cela fait trop, pas au regard du motif de la taxe qu’ils trouveraient injustifié, mais en rapport avec la totalité de celles qui leur sont déjà prélevées depuis des années. Ces Français en gilets jaunes savent parfaitement compter, et ceux qui ne sont pas encore dehors, à ce jour, sont seulement sursitaires. Ils peuvent encore passer leurs journées aux Galeries Lafayette, l’air de rien, et faire leurs achats de Noël pendant que les autres sont sur les « Champs Des Gilets » à crier leur détresse. Mais ce cumul les menace, eux aussi, chaque jour, un peu plus, et peut être qu’à la prochaine taxe, ou celle d’après, ils viendront à leur tour rejoindre les rangs.

Le deuxième point est que désormais, s’ils participent, y compris financièrement à cette tâche, ils veulent que cet argent serve d’abord et réellement à l’écologie, à la recherche de solutions, au financement de projets concrets. On a trop souvent triché, depuis des années avec leurs bonnes intentions, créant des prélèvement chaque fois censés financer des choses qui ne se sont jamais concrétisées. Rappelons, entre autres exemples, que l’on paye déjà, sur l’essence, une taxe pour la réfection des routes alors que nos voitures n’ont jamais roulé sur autant de nids de poules.

Enfin, le troisième point et non des moindres, c’est qu’ils ne soient plus les seuls à porter le poids de l’effort. Non par mesquinerie, mais parce qu’ils ont parfaitement compris qu’on ne mets pour l’instant que sur leur seules épaules la charge de l’écologie et que ce n’est même pas la solution la plus pertinente. La encore, ce sont des gens parfaitement instruits. ils savent, s’informent et concluent qu’il n’est pas normal qu’on leur demande toujours plus d’argent à eux qui n’en n’ont pas, ou en tout cas de moins en moins, alors que les usines dans lesquelles ils travaillent, les entreprises dans lesquelles ils triment parfois depuis de nombreuses années et qui génèrent, pour certaines, d’importants bénéfices ne sont pas, prioritairement sollicitées. Et on ne parle pas de leur prélever une maigre taxe d’un côté pour immédiatement leur rendre de l’autre une grosse subvention.

Pour devenir un vrai champion de la terre, il va falloir bosser vraiment et mouiller enfin sa chemise en s’attaquant aux vrai causes du changement climatique et en allant frapper là ou il y a de l’argent. Cela sera certainement bien plus dur que de tenter discrètement de faire passer une nouvelle ponction auprès du petit peuple tout en appelant à la rescousse un casting de haute volée façon Hulot. Il va falloir s’attaquer au monde de la finance, aux industriels, aux producteurs, aux distributeurs, aux transporteurs (camions, avions, tankers), aux agriculteurs, bref, à tous les ministères qui ont renvoyés pendant plus d’un an ce même Nicolas Hulot dans ses six mètres.

Parce que ce ne sont pas les petites gens, qui ramassent aujourd’hui leurs courses surtaxées aux caisses en faisant l’effort de venir avec leur cabas ou leur baluchon, qui utilisent le plus de plastique. Ce sont les industriels qui, eux,  continuent, sans qu’on ne leur dise rien,  d’emballer 4 biscuits dans une boîte qui en contiendrait volontiers douze. Eux, encore, qui modifient, désormais, leurs bouteilles de soda (marketing oblige) réduisant légèrement leur contenance pour faire passer l’augmentation du prix au litre, ce qui fait qu’à contenance égale, il vous faut maintenant deux bouteilles au lieu d’une. Ce sont aussi les distributeurs qui vous emballent chaque produit au rayon frais, individuellement, parfois une tranche de jambon pour un sac plastique, histoire de ne pas faire d’erreur de prix.

Ce ne sont pas les petites gens non plus qui décident de la provenance du bout du monde des milliers de produits importés qu’on les somme d’acheter à grand renfort d’heures de publicité, fabriqués dans des usines qui crachent de la fumée et livrés sur des portes containers puis des camions qui marchent au carburant détaxé. Ce ne sont pas eux qui font ces choix stratégiques. Tout au plus, ils les subissent jusqu’au boycotte de ces derniers jours. Ils ne font pas ces choix, mais comme ils sont instruits, ils entrevoient ce qu’il faudrait faire et ne comprenne plus pourquoi on se retourne seulement vers eux. Ils ne comprenne plus pourquoi on leur prends toujours un peu plus, à eux qui n’ont pas grand chose, alors qu’il existe, juste devant eux, des masses d’argent inutiles que personne ne touche jamais.

J’ai récemment visité une grande usine en Hollande, de ces usines hyper automatisées, modernes et qui, par ces machines consomment énormément d’énergie. L’industriel, dès la construction, a investi dans trois éoliennes de la taille de celles que l’on aperçois en bordure d’autoroute. Un coût supplémentaire me direz vous. Non, car pour une entreprise, contrairement à un ménage, on appelle cela un investissement. Or, aujourd’hui, cette entreprise est indépendante énergétiquement et donc, économise, faisant plus de profits. Mieux, elle n’utilise pour sa propre consommation que deux de ses éoliennes et revend à l’état la production de la troisième. Bénéfice supplémentaire.

Il y a des réformes concrètes à faire pour être champion de la terre. Des tonnes d’idées, d’investissements qui, au bout du compte, non seulement ne toucheraient pas le pécule de ce bon petit peuple jusqu’ici fort docile, mais en plus seraient générateurs de profits. Je suis certain que ce peuple, depuis des siècles enclin à servir d’exemple aux yeux du monde par son model social et qui, jamais n’a remis en question son consentement à l’impôt , ce peuple des lumières, ce peuple généreux, créateur bénévole des restos du cœur, aurait une admiration sans borne pour un dirigent juste qui aurait le courage de s’attaquer aux lobbys, aux cerbères de l’argent. Ils le suivraient dans sa démarche vertueuse, dans ce vrai et enfin honnête cap. Et ce faisant, même avec une petite taxe de plus il seraient alors capable de le sacrer au moins un jour Champion de la France.

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